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Qui peut prescrire les seringues Mounjaro en 2026 ?

12/04/2026

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Temps de lecture : 7 minutes

Clara Vialard

Un médicament d’abord réservé aux spécialistes

Mounjaro, dont le principe actif est le tirzépatide, a été introduit en France dans un cadre très strict, réservant initialement sa prescription aux seuls médecins spécialistes. Cette restriction s’expliquait par la nature puissante du traitement et les protocoles d’initiation progressifs nécessaires pour minimiser les effets secondaires.

Seuls les endocrinologues, diabétologues ou médecins nutritionnistes titulaires d’un diplôme d’études spécialisées complémentaires (DESC), d’une formation spécialisée transversale (FST) ou d’une validation des acquis de l’expérience (VAE) en nutrition étaient autorisés à le prescrire. Ce cadre visait à encadrer l’accès à un médicament aux effets significatifs, mais également associé à une surveillance médicale rapprochée, notamment pour détecter d’éventuelles contre-indications, comme des troubles thyroïdiens ou un antécédent de pancréatite.

Le traitement, administré sous forme d’injection hebdomadaire via un stylo prérempli Kwikpen, agit comme un agoniste double des récepteurs du GIP (polypeptide insulinotrope dépendant du glucose) et du GLP-1 (glucagon-like peptide 1). Cette double action permet à la fois de réguler la glycémie chez les personnes atteintes de diabète de type 2 et de réduire l’appétit chez celles souffrant d’obésité sévère. Le protocole d’initiation prévoit une augmentation progressive de la dose, démarrant à 2,5 mg par semaine pendant quatre semaines, puis pouvant être augmentée à 5 mg, voire davantage selon la tolérance et la réponse thérapeutique, sans dépasser 15 mg hebdomadaire.

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Depuis 2025, les médecins généralistes peuvent aussi prescrire Mounjaro

Médecin généraliste en consultation avec un patient discutant d

À partir du 23 juin 2025, une décision de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a marqué un tournant majeur : l’ouverture de la prescription de Mounjaro à tous les médecins, y compris les médecins généralistes. Cette mesure, prise dans un contexte de demande croissante et de délais d’attente parfois longs chez les spécialistes, vise à améliorer l’accès aux soins pour les patients souffrant d’obésité sévère ou de diabète de type 2 mal équilibré.

Cette évolution ne signifie toutefois pas une prescription libre. Elle reste soumise à des conditions strictes, notamment le respect des indications de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) et du parcours de soins défini par la Haute Autorité de santé (HAS).

L’objectif est clair : permettre une prise en charge plus rapide tout en maintenant un haut niveau de sécurité. Les généralistes peuvent désormais initier la prescription, à condition qu’ils évaluent correctement le patient, s’assurent de l’absence de contre-indications et s’engagent dans un suivi médical régulier. Ce changement s’inscrit dans une stratégie globale de lutte contre l’obésité, une pathologie en constante progression sur le territoire français.

Quelles sont les conditions de prescription en 2026 ?

En 2026, la prescription de Mounjaro, qu’elle soit initiée par un spécialiste ou un médecin généraliste, doit respecter des critères médicaux précis. Pour le traitement du diabète de type 2, le médicament est indiqué chez les adultes dont la glycémie est insuffisamment contrôlée malgré un régime et une activité physique adaptés.

Il peut être utilisé en monothérapie si la metformine est inappropriée, ou en association avec d’autres traitements antidiabétiques. Dans le cadre de l’obésité, deux seuils d’IMC sont retenus : un IMC supérieur ou égal à 30 kg/m², ou un IMC compris entre 27 et 30 kg/m² en présence d’au moins une comorbidité comme l’hypertension artérielle, un syndrome d’apnée du sommeil ou un prédiabète.

Un point fondamental est que Mounjaro ne doit jamais être utilisé comme traitement de première intention. Il s’inscrit dans une approche en deuxième ligne, après échec d’une prise en charge nutritionnelle et d’un suivi médical. De plus, son efficacité dépend de son association à un régime hypocalorique et à une augmentation de l’activité physique.

Le patient doit être pleinement informé de ces exigences et prêt à s’engager dans un projet de santé global.

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Quels types de médecins sont les plus impliqués ?

Consultation médicale spécialisée en obésité avec équipe pluridisciplinaire

Bien que la prescription soit ouverte à tous les médecins, certains professionnels restent plus impliqués que d’autres. Les endocrinologues et diabétologues continuent de jouer un rôle central, notamment pour les cas complexes ou associés à d’autres troubles métaboliques. Les médecins nutritionnistes formés aux traitements à base d’analogues du GLP-1 et du GIP sont également des interlocuteurs privilégiés, capables d’assurer un suivi global et personnalisé.

Par ailleurs, les centres spécialisés dans la prise en charge de l’obésité, souvent pluridisciplinaires, restent des lieux d’expertise où peuvent être évaluées les formes les plus sévères de la maladie. Le suivi kinesithérapique peut également compléter l’approche médicale, notamment pour améliorer la mobilité et accompagner la reprise d’activité physique.

Mounjaro est-il remboursé ?

En 2026, Mounjaro n’est toujours pas remboursé par l’Assurance maladie pour l’indication de l’obésité. Son prix, d’environ 300 € par mois, en fait un traitement coûteux, inaccessible pour certains patients à revenus modestes. Dans le cadre du diabète de type 2, son statut de remboursement peut varier selon les complémentaires santé ou mutuelles, mais la prise en charge reste souvent partielle.

Ce non-remboursement constitue un frein majeur à l’accès équitable à ce traitement, malgré son efficacité démontrée.

Bon à savoir

Mounjaro doit être utilisé en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique, conformément aux recommandations de la HAS. Il ne s’agit pas d’un traitement miracle, mais d’un outil médical à intégrer dans une démarche globale de santé.

Peut-on se le faire prescrire sans passer par un spécialiste ?

Oui, il est désormais possible d’obtenir une prescription de Mounjaro directement auprès de son médecin généraliste, sans passer obligatoirement par un spécialiste. Cela représente une avancée significative en matière d’accessibilité. Cependant, le médecin doit être formé, capable d’évaluer correctement le patient, de surveiller les effets secondaires potentiels — tels que les troubles digestifs fréquents en début de traitement — et d’ajuster le dosage si nécessaire.

En cas de doute ou de comorbidité complexe, une orientation vers un spécialiste reste recommandée.

Le renouvellement : ouvert à tous les médecins

Une distinction importante est faite entre l’initiation et le renouvellement du traitement. Si l’initiation peut désormais être réalisée par tout médecin, le renouvellement de l’ordonnance est ouvert sans restriction de spécialité. Cela permet une continuité de soin, même après une première consultation spécialisée.

Le pharmacien, quant à lui, ne peut délivrer Mounjaro que sur présentation d’une ordonnance en cours de validité. Conduire après une séance de kiné vestibulaire ne pose pas de problème particulier, tout comme la reprise de la conduite après consultation médicale.

Questions fréquentes

Peut-on se faire prescrire Mounjaro en téléconsultation ?
Oui, sous certaines conditions. Le médecin doit avoir établi un diagnostic précis, et une première consultation en présentiel peut être requise, notamment pour une évaluation physique complète. Un patient diabétique peut-il obtenir Mounjaro plus facilement ?
Oui, car le traitement est indiqué dans le diabète de type 2. La prescription est alors plus directe, particulièrement en cas d’échec du traitement initial. Les pharmacies en ligne peuvent-elles le vendre ?
Non. Mounjaro ne peut être délivré que sur ordonnance, et uniquement en pharmacie physique. Les ventes en ligne non réglementées sont interdites. Quelle est la différence entre Mounjaro et Wegovy ?
Les deux sont des analogues du GLP-1, mais Mounjaro agit également sur le GIP, ce qui peut renforcer son efficacité. La prescription suit des règles similaires. Combien de temps dure le traitement ?
Il n’y a pas de durée fixe. Le traitement peut être long, voire à long terme, selon la réponse du patient et les objectifs de santé. L’arrêt doit toujours être discuté avec le médecin. Quels sont les effets secondaires les plus courants ?
Les effets gastro-intestinaux, tels que nausées, vomissements et diarrhées, sont fréquents au début du traitement. Ils s’estompent généralement avec le temps.