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Où en est l’épidémie de grippe en France en 2026 ?

07/04/2026

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Temps de lecture : 9 minutes

Théo Rivière

La grippe est-elle encore en épidémie en France ?

Vous vous demandez probablement si la grippe circule encore activement en France cette année. La réponse est nuancée, mais globalement rassurante : l’épidémie est terminée sur tout le territoire métropolitain depuis le 26 février. Cependant, certaines zones restent concernées, notamment en outre-mer, où la surveillance reste renforcée.

Cette saison, marquée par une forte intensité en début d’année, laisse place à une phase post-épidémique pour la majorité des régions. Les indicateurs de santé publique montrent une nette tendance à la baisse, tant en termes de consultations que d’hospitalisations ou de décès liés à la grippe.

Les données consolidées par Santé publique France et le réseau Sentinelles indiquent une diminution continue du recours aux soins pour syndrome grippal, tant en médecine de ville que dans les services d’urgence hospitaliers. Cette évolution s’inscrit dans une dynamique hivernale classique, mais dont la pointe a été particulièrement marquée.

Le nombre de décès imputables à la grippe, bien que toujours présent, poursuit sa décroissance. Il est maintenant essentiel de passer d’une logique de gestion de crise à une phase de prévention et de préparation pour les saisons à venir. Les leçons tirées de cette épidémie peuvent guider les comportements individuels et collectifs dans les mois qui viennent.

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Quels sont les chiffres clés de la surveillance grippe en France ?

Visualisation des données de surveillance de la grippe en France, incluant taux d

La surveillance de la grippe en France repose sur un réseau de données fiables et complémentaires, permettant une vision globale et régionale de l’activité. Pour la semaine 13 de l’année 2026, le taux d’incidence des infections respiratoires aiguës (IRA) a été estimé à 108 cas pour 100 000 habitants. Ce chiffre, bien que stable par rapport à la semaine précédente, se situe désormais à un niveau inférieur à celui habituellement observé en cette période de l’année, signe d’une nette amélioration.

La répartition régionale montre encore des disparités. Les régions de Bretagne, Grand Est et Nouvelle-Aquitaine affichent les taux d’incidence les plus élevés. Ces données sont recueillies grâce à un partenariat entre plusieurs acteurs clés : le réseau Sentinelles, SOS Médecins, les DMG (Dossiers Médicaux Généralisés) de plusieurs régions, et le réseau hospitalier Oscour®.

Ce système de veille permet non seulement de suivre la grippe, mais aussi la circulation conjointe du VRS, du Covid-19 et d’autres virus respiratoires, offrant une vue d’ensemble précieuse pour la santé publique.

Quels virus circulent encore dans les infections respiratoires ?

Les virus grippaux demeurent majoritaires, avec une nette domination des souches de type A. Le sous-type A(H3N2) est le plus répandu, notamment son sous-clade K, qui a représenté la grande majorité des virus séquencés. Le sous-type A(H1N1), notamment son sous-clade D.3.1.1, circule également, mais à un rythme moindre.

Le virus grippal B est quasi absent, avec seulement quelques cas détectés, tous appartenant au lignage Victoria.

Cette prédominance du sous-clade K a eu un impact direct sur l’efficacité du vaccin. Bien que le vaccin contienne une souche H3N2 conforme aux recommandations de l’OMS, le sous-clade K présente des caractéristiques antigéniques différentes, réduisant ainsi la protection induite par la vaccination.

C’est l’une des raisons pour lesquelles l’efficacité réelle du vaccin a été évaluée à seulement 36,4 %. Le VRS, bien que moins actif qu’en début de saison, continue de circuler, surtout chez les jeunes enfants, avec un taux d’incidence de 5 cas pour 100 000 habitants.

Où la grippe est-elle encore active ? Carte régionale actualisée

Alors que la métropole n’est plus en phase épidémique, la situation diffère en outre-mer. Trois territoires restent officiellement en épidémie : la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. Ces régions connaissent encore un niveau d’activité grippale élevé, nécessitant une vigilance particulière des professionnels de santé et de la population.

En métropole, la plupart des régions sont maintenant classées en phase post-épidémique, avec un niveau d’alerte jaune. C’est le cas de l’Hauts-de-France, du Grand Est, de la Bourgogne-Franche-Comté, de la PACA, de l’Occitanie, de la Normandie, de la Bretagne, des Pays de la Loire et de Mayotte.

D’autres, comme l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, le Centre-Val-de-Loire, la Nouvelle-Aquitaine et La Réunion, sont retournées à un niveau de base, sans circulation épidémique significative. Cette cartographie régionale est essentielle pour adapter les mesures sanitaires sur le terrain.

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Quel virus grippal a été le plus répandu cette saison ?

Le vaccin contre la grippe a-t-il été efficace cette saison ?

Illustration du mécanisme d

La couverture vaccinale globale cette année atteint un niveau encourageant, estimée à 46,3 % pour les personnes ciblées. Cette proportion monte à 53,3 % chez les 65 ans et plus, et à 27,1 % chez les personnes de moins de 65 ans présentant des facteurs de risque. Ces chiffres sont en légère hausse par rapport à l’année précédente, ce qui témoigne d’un meilleur engagement du public face à la prévention.

Toutefois, l’efficacité réelle du vaccin a été évaluée à 36,4 %, un taux considéré comme modéré. Cette efficacité plus faible est principalement due à la prédominance du sous-clade K de la souche H3N2, moins bien reconnu par le système immunitaire après vaccination.

Malgré cela, la vaccination reste un outil essentiel : elle ne prévient pas totalement l’infection, mais elle réduit significativement le risque de formes graves, d’hospitalisation et de décès. Les données montrent que 71 % des cas graves hospitalisés en réanimation n’étaient pas vaccinés, soulignant l’impact protecteur du vaccin.

Quels sont les groupes les plus touchés par la grippe ?

Les données révèlent clairement les profils les plus exposés. Les personnes âgées de 65 ans et plus représentent 59 % des hospitalisations pour formes graves de grippe. La grande majorité de ces patients, soit 87 %, présentaient une ou plusieurs comorbidités (diabète, insuffisance cardiaque, etc.), ce qui complique la prise en charge.

Les établissements médico-sociaux ont également été des lieux de transmission privilégiés, accentuant la vulnérabilité de leurs résidents.

Les jeunes enfants, en particulier ceux de moins d’un an, sont également fortement touchés, mais principalement par le VRS, qui cause des bronchiolites. Le taux d’incidence de bronchiolite pour ce groupe d’âge s’établit à 399 cas pour 100 000 habitants. Cette pression sur les très jeunes et les plus âgés montre que la prévention doit être ciblée et adaptée aux différents groupes de population.

La vaccination des personnes à risque reste le pilier de la stratégie de réduction de la gravité de l’épidémie.

Comment la France surveille-t-elle l’activité grippale ?

Le système de surveillance en France est un modèle de coordination entre plusieurs entités. Le Réseau Sentinelles, composé de médecins généralistes répartis sur tout le territoire, fournit les données fondamentales sur l’incidence des IRA en ville. Ces données sont complétées par celles de SOS Médecins pour les consultations à domicile et par le réseau Oscour® pour les passages aux urgences hospitalières.

Santé publique France agrège ces informations et les publie chaque semaine dans son bulletin national.

Le site GrippeNet.fr permet également au grand public de participer à la surveillance en signalant ses symptômes. Par ailleurs, l’Institut Pasteur assure le séquençage viral et l’analyse des souches en circulation, garantissant que les vaccins restent adaptés. Ce système hybride, alliant données professionnelles et participation citoyenne, est un atout majeur pour une veille sanitaire rapide et efficace.

Que faire pour se protéger maintenant et l’année prochaine ?

Le retour à une situation de calme épidémique ne doit pas entraîner une baisse de vigilance. Les mesures barrières restent pertinentes : le lavage régulier des mains, l’aération des pièces et le port du masque en cas de symptômes ou dans les lieux fragiles (hôpitaux, EHPAD) permettent de limiter la transmission. Ces gestes simples ont démontré leur efficacité, notamment pendant la co-circulation avec le Covid-19.

La vaccination reste la meilleure arme de prévention. La campagne de l’année prochaine devrait débuter à partir de mi-octobre, comme à l’accoutumée. Il est crucial de rappeler que même une efficacité modérée du vaccin a un impact considérable sur la charge hospitalière et le taux de mortalité.

Pour les personnes à risque, la vaccination annuelle est indispensable. Pour les autres, elle contribue à la protection collective, en réduisant la circulation virale.

Où trouver l’information officielle et fiable sur la grippe ?

Pour suivre la situation en temps réel, plusieurs sources officielles sont disponibles. Le site de Santé publique France publie chaque semaine les bulletins nationaux et régionaux, accompagnés de cartes interactives. Le site du Réseau Sentinelles (sentiweb.fr) propose des données actualisées et des graphiques d’évolution.

L’Institut Pasteur publie des analyses scientifiques détaillées sur la circulation des virus. Enfin, GrippeNet.fr permet de suivre la situation à travers les signalements des citoyens, offrant une perspective complémentaire.

Il est fortement déconseillé de s’appuyer sur des sources non officielles ou des réseaux sociaux, où les informations peuvent être erronées ou désinformation. L’accès à des données fiables, mises à jour régulièrement, est essentiel pour prendre des décisions éclairées concernant sa santé.

Ce qu’il faut retenir de la saison grippale 2025–2026

Cette saison grippale aura été marquée par une épidémie intense, avec un pic significatif au début de l’année. L’annonce de la fin de l’épidémie en métropole le 26 février est un soulagement, mais elle ne doit pas faire oublier les bilans humains. Près de 17 000 décès ont été attribués à la grippe, soulignant la gravité de cette maladie souvent banalisée.

La bonne nouvelle réside dans l’augmentation de la couverture vaccinale, notamment chez les seniors. Cependant, l’objectif de 75 % fixé par l’OMS reste loin d’être atteint. La lutte contre la grippe nécessite un effort soutenu, autant des pouvoirs publics que de chaque individu.

Questions fréquentes

La grippe est-elle encore présente en France ?
Oui, bien que l’épidémie soit terminée en métropole, la grippe circule encore à un niveau faible, notamment dans les départements d’outre-mer comme la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique.

Quel a été le bilan humain de cette saison grippale ?
Le bilan a été lourd, avec environ 17 000 décès attribués à la grippe, principalement chez les personnes âgées et les individus souffrant de comorbidités.

Est-il encore utile de se faire vacciner contre la grippe ?
La campagne de vaccination est généralement close à cette période. Cependant, pour l’année prochaine, il est vivement recommandé de se faire vacciner, surtout si vous avez plus de 65 ans ou des facteurs de risque.

Quel virus grippal a dominé cette saison ?
Le virus grippal A, en particulier le sous-type A(H3N2) appartenant au sous-clade K
, a été le plus répandu, expliquant en partie l’efficacité modérée du vaccin.

Le vaccin contre la grippe est-il efficace ?
Son efficacité réelle a été évaluée à 36,4 % cette année. Il ne garantit pas une protection complète, mais il réduit fortement le risque de complications graves, d’hospitalisation et de décès.

Qui est le plus à risque ?
Les personnes de 65 ans et plus, les enfants de moins d’un an, et les personnes souffrant de comorbidités (diabète, maladies cardiaques, etc.) sont les plus exposées aux formes graves de la grippe.

Où puis-je suivre l’évolution de la grippe en France ?
Les sources officielles sont Santé publique France, le Réseau Sentinelles, l’Institut Pasteur et le site GrippeNet.fr. Ces plateformes fournissent des données actualisées, des cartes et des bulletins hebdomadaires.