Comment soulager les douleurs cervicales avec la kinésithérapie en 2026 ?

17/02/2026

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Temps de lecture : 5 minutes

Clara Vialard

Comprendre vos douleurs cervicales: pourquoi votre cou vous fait-il souffrir?

Les douleurs cervicales, ou cervicalgies, touchent une large part de la population en 2026. Elles peuvent apparaître de manière aiguë après un effort, un mouvement brusque, ou s’installer progressivement sous l’effet de postures inadéquates répétées. Le cou, zone de transition entre la tête et le tronc, supporte environ 5 kilos de poids cranien en moyenne.

Quand la tête bascule vers l’avant, la charge sur les vertèbres cervicales augmente drastiquement, pouvant atteindre l’équivalent de 27 kg selon certains calculs biomécaniques. Cette surcharge chronique est l’un des facteurs majeurs de la douleur.

Le mode de vie moderne amplifie ce phénomène. La majorité des personnes passent plusieurs heures quotidiennement devant un écran, penchées vers leurs smartphones ou tablettes, adoptant sans s’en rendre compte une posture appelée « tête en avant ». Cette position, même maintenue quelques minutes, provoque une tension excessive des muscles postérieurs du cou, notamment les trapèzes supérieurs, et affaiblit les muscles profonds antérieurs, comme le long du cou.

À long terme, ce déséquilibre musculaire altère la mobilité cervicale et favorise l’apparition de douleurs.

Les différentes formes de cervicalgies et leurs symptômes

Les douleurs cervicales ne se manifestent pas toutes de la même manière. On distingue plusieurs types de cervicalgies, chacune avec ses causes et symptômes spécifiques. La forme la plus courante est la cervicalgie simple, souvent liée à une mauvaise posture, une surutilisation ou un stress prolongé.

Elle se caractérise par une douleur localisée dans le cou, parfois accompagnée de raideur matinale ou après une journée de travail sédentaire.

Quel est votre profil cervical?

Question 1: Combien d’heures par jour passez-vous devant un écran?

Question 2: Resentez-vous des douleurs qui descendent vers l’épaule ou le bras?

La cervicalgie traumatique, quant à elle, résulte d’un choc ou d’un mouvement violent, comme un « coup du lapin » lors d’un accident de voiture. Les cervicalgies symptomatiques sont moins fréquentes mais plus préoccupantes. Elles peuvent être associées à des compressions nerveuses, comme dans la névralgie cervico-brachiale, ou à des troubles plus généraux: maux de tête, vertiges, troubles visuels ou auditifs, troubles du sommeil et difficultés de concentration.

Ces symptômes doivent alerter et justifier une consultation rapide.

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L’impact de la posture sur la santé de votre cou

La posture est un élément central dans l’apparition et la persistance des douleurs cervicales. Une tête bien alignée, positionnée au-dessus des épaules, répartit uniformément la charge sur les vertèbres. En revanche, chaque centimètre de décalage vers l’avant multiplie la contrainte sur les muscles et les articulations cervicales.

À l’ère numérique, cette mauvaise posture est devenue la norme, notamment avec l’utilisation croissante des smartphones. Le simple fait de regarder son téléphone tenu à hauteur du bassin oblige à incliner la tête de 45 à 60 degrés, ce qui équivaut à supporter une charge de plus de 20 kg.

La sédentarité aggrave encore la situation. Passer de longues heures assis, sans interruption, réduit l’activité des muscles stabilisateurs du tronc et du cou. Cette inactivité entraîne une perte de tonicité, une diminution de la proprioception (la perception de la position du corps dans l’espace) et une augmentation de la sensibilité à la douleur.

Le cycle est alors installé: douleur → protection → inactivité → affaiblissement → douleur accrue.

L’évaluation kinésithérapique: un bilan personnalisé pour un traitement ciblé

Avant de prescrire des exercices, un kinésithérapeute effectue un bilan approfondi. Cela commence par un interrogatoire détaillé sur l’histoire de la douleur, ses circonstances d’apparition, les facteurs d’aggravation et d’amélioration, ainsi que les antécédents médicaux. Cette étape est cruciale pour éliminer toute cause grave et adapter la prise en charge.

L’examen clinique suit immédiatement. L’inspection permet d’observer la posture globale, la position de la tête et la symétrie du tronc. La palpation met en évidence les zones de tension, les contractures musculaires et les points douloureux. D’ailleurs, sachez que des exercices de kinésithérapie peuvent soulager la sciatique si vous ressentez des douleurs irradiantes.

Le bilan de mobilité cervical mesure les amplitudes de flexion, d’extension, de rotation et d’inclinaison latérale. Enfin, des tests neurologiques sont réalisés pour évaluer la sensibilité, la force musculaire et les réflexes, afin de détecter d’éventuelles compressions nerveuses.

Kinésithérapeute en train d

La rééducation cervicale en kinésithérapie: les deux piliers du traitement

La prise en charge des cervicalgies repose sur deux piliers complémentaires: la thérapie manuelle et les exercices thérapeutiques. Ces deux approches sont souvent combinées pour un effet optimal, tant sur le plan immédiat qu’à long terme.

Libérer les tensions et restaurer la mobilité grâce à la thérapie manuelle

Les techniques manuelles visent à détendre les muscles hypertendus, à améliorer la mobilité articulaire et à réduire la douleur. Les massages décontractants, comme l’effleurage, le pétrissage et les frictions, sont utilisés pour relâcher les tensions superficielles et profondes. Les étirements spécifiques, notamment du trapèze supérieur et des scalènes, sont essentiels pour retrouver une amplitude normale de mouvement.

Les tractions cervicales manuelles, réalisées avec précaution, permettent d’augmenter l’espace entre les vertèbres, ce qui peut soulager la pression sur les disques intervertébraux et les racines nerveuses. Ces techniques sont particulièrement utiles dans les phases aiguës de douleur ou en cas de raideur importante. Au passage, découvrez comment soulager un genou douloureux avec la kinésithérapie si vous avez d’autres zones de souffrance.

Renforcer, stabiliser et reprogrammer: les exercices thérapeutiques indispensables

Alors que la thérapie manuelle apporte un soulagement rapide, les exercices sont la clé d’une guérison durable. Ils permettent de renforcer les muscles profonds du cou, souvent affaiblis, et de retrouver un contrôle neuromusculaire optimal. Le renforcement isométrique, par exemple, consiste à contracter les muscles du cou sans bouger la tête, en résistant avec la main.

Cela sollicite les muscles sans risque de mouvement douloureux. Pour info, un kiné peut recommander des exercices de renforcement des quadriceps pour d’autres parties du corps.

Estimez la charge sur votre cou

Calculez l’effort supporté par votre colonne cervicale selon l’inclinaison de votre tête.